L'oniomanie, quand acheter devient une addiction : le témoignage d’Amandine

Surconsommation, endettement, pour certaines personnes atteintes d'oniomanie, acheter est un besoin irrépressible. Si bien qu'il existe désormais des groupes d'entraide pour parvenir à s'en sortir.

Addictions comportementales
Santé oniomanie quand acheter devient une addiction
Freepik

Un temple du shopping est, pour Amandine, un paradis, mais c’est aussi le lieu de tous les dangers. À 34 ans, elle souffre d’achats compulsifs. Une vraie maladie qui porte un vrai nom, l’oniomanie. Impossible pour elle d’entrer dans une boutique sans craquer. Ce jour-là, l’assistante commerciale s’était pourtant promis de ne rien dépenser.

Comme Amandine, ils sont de plus en plus nombreux à briser le tabou de la surconsommation. Et à partager sur les réseaux sociaux leurs conseils pour décrocher.

Pour tout stocker, Amandine est obligée de louer un box. 140 euros par mois, soit 10 % de son salaire. Des dizaines de robes, 80 jeans, 150 paires de chaussures, des achats totalement compulsifs. « Quand j’ai acheté ces baskets-là, je ne savais pas quelles couleurs choisir. Donc j’ai pris jaune, j’ai pris vert, j’ai pris bleu, j’ai pris rose, j’ai pris marron. J’ai une boîte complète », explique-t-elle, reconnaissant ne pas avoir porté toutes les paires.

Acheter toujours plus pour combler un manque de confiance en elle, jusqu’à s’endetter. Amandine a contracté des dizaines de crédits à la consommation : « J’essaie d’avancer parce que je ne peux pas continuer à vivre ainsi, mais moi, ça me rend très malheureuse. J’aimerais bien pouvoir être plus libre, me dire : ‘Je pars là ou là’. Finalement, je ne peux pas, je suis bloquée avec toutes mes affaires ».

Des thérapies pour apprendre à se retenir

Pour s’en sortir, les accros au shopping sont de plus en plus nombreux à consulter. Selon le Pr Laurent Karila, psychiatre addictologue, les achats en ligne ont renforcé le phénomène d’addiction : « Sur internet, tout est disponible, donc tous les matins, vous avez des petits mails d’alerte, des notifications, et tout ça ne s’arrête jamais. En fait, chez la personne qui est malade, les notifications, c’est comme si vous montriez de la cocaïne à quelqu’un qui prend de la cocaïne ».

En savoir plus : www.franceinfo.fr.