Paris sportifs "J'ai frôlé la démence" : le récit de Julien, abstinent depuis le confinement

Julien est accro aux paris sportifs depuis 2010. Pour France tv sport, il raconte son combat, de ses envies de suicide au soulagement de ces dernières semaines, pendant lesquelles il a profité du confinement pour se livrer à ses proches et prendre ce qu’il espère être un nouveau départ.

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“Pendant le confinement, j’ai dit à ma femme que j’avais perdu 60 000 euros en paris sportifs depuis le début de notre mariage”. Le monde se cadenasse, et Julien* se sent libre. Délesté. Il a enfin avoué à sa compagne sa souffrance chronique : la dépendance aux paris sportifs. Et il a fallu que tout le pays soit à l’arrêt pour qu’il se sente enfin prêt. Certes, il était déjà sur la voie du rétablissement. Depuis le 19 janvier dernier, date d’un dîner-déclic avec sa femme, il n’avait plus joué. Mais le confinement, et l’arrêt complet des compétitions sportives sur lesquelles parier, l’a “soulagé” et a certainement contribué à tenir son abstinence de plus de quatre mois désormais. “Abstinence” : le mot peut sembler galvaudé, c’est pourtant bien d’addiction dont il s’agit, au même titre que l’alcoolisme ou la dépendance à la drogue. La dépendance aux Jeux de hasard est reconnue comme une addiction pathologique à part entière. Les rangs des accros aux paris sportifs n’en finissent plus de grossir. En 2019, ils représentaient 60% du marché du jeu en ligne selon les chiffres de l’Arjel (Autorité de régulation des jeux en ligne), contre moins de 40% il y a 3 ans.

Spirale mortifère

Pour Julien, l’histoire a commencé en 2010. Il avait 20 ans à l’époque, jeune étudiant, la fleur de l’âge, les sorties entre copains tous les jeudis. Un jour, un de ses copains se met à jouer de grosses sommes devant lui, au poker en ligne. Il se dit : “Pourquoi pas” ? Il s’y met, d’abord gentiment, et puis, très vite, les sommes grossissent. Ses gains le grisent. “J’ai toujours profondément aimé le jeu, la sensation de gagner”, dit-il. 

En l’espace de quelques mois, il perd le contrôle. Mais il ne s’en rend pas encore compte. “J’étais jeune, à l’époque, les banques me prêtaient 10, 12 000 euros sans condition. Je perdais tout en deux jours, trois maximum.” Après ses grosses pertes au poker, il se convainc de « faire des pauses ». Il se tourne alors vers les rencontres sportives.

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