Evolution de la consommation d’antalgiques en France au cours des 10 dernières et comparaison avec l’Europe

Médicaments / 16 avril 2018

Médicaments
Addiction Médicaments - Evolution de la consommation d’antalgiques en France au cours des 10 dernières et comparaison avec l’Europe

Les ventes d’antalgiques (produits en vente libre, opioïdes) sont en augmentation en Europe, à l’origine de préoccupations sanitaires croissantes. La surveillance des patterns d’utilisation est indispensable afin de prévenir un mésusage, une sur-utilisation et de s’assurer que les recommandations sont bien implémentées en pratique clinique.

L’objectif de l’étude était d’étudier l’évolution des consommations de 3 groupes d’antalgiques, les non-opioïdes, les opioïdes faibles et les opioïdes forts, entre 2006 et 2015, et de comparer ces tendances d’utilisation avec 6 pays européens en 2015. Les ventes de médicaments annuelles ont ainsi été extraites à partir d’une base de données française, de l’IMS et de bases de données nationales pour les pays européens.

L’utilisation d’opioïdes faibles en France a diminué de 53% en France au cours des 10 dernières années et celle des non opioïdes ou opioïdes forts a augmenté (de 73 à 93 et de 2 à 2,8 doses définies journalières/ 1000 habitants /jours, respectivement). L’usage de paracétamol, traitement antalgique le plus consommé, a augmenté pendant cette période, particulièrement pour de hautes doses chez l’adulte (+140%). L’usage de tramadol et de codéine a également augmenté de 62% et de 42%, respectivement. La morphine restait l’opioïde fort le plus utilisé, bien qu’il soit constaté une augmentation importante de la consommation d’oxycodone (+613%) et de fentanyl (+263 et de +72% de formes transmuqueuses et transdermales, respectivement). La comparaison avec les patterns d’utilisation en Europe en 2015 montrait une consommation plus importante d’opioïdes faibles et d’opioïdes forts au Royaume-Uni. La France avait la première et la dernière place, respectivement, en ce qui concerne la consommation de paracétamol et d’opioïdes faibles, alors que sa consommation d’opioïdes forts était parmi les plus basses.

L’augmentation de l’utilisation de certaines classes d’antalgiques pose la question d’une sur-utilisation mais également de problèmes de dépendance et de mésusage (environ 10 et 25% des usages d’opioïdes, respectivement). L’étude des indications thérapeutiques apparaît nécessaire pour évaluer les profils d’utilisation et les tendances de mésusage, afin de développer des mesures préventives appropriées : éducation thérapeutiques des patients et prescripteurs, amélioration du bon usage des traitements et détection précoce des mésusages.

 

Par Louise Carton 

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