Le tabagisme passif est aussi responsable de cancers de la cavité buccale : il ne faut plus fumer à la maison ou dans sa voiture !

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Addiction Tabac - Le tabagisme passif est aussi responsable de cancers de la cavité buccale : il ne faut plus fumer à la maison ou dans sa voiture !

La fumée de tabac contient de nombreuses substances irritantes, cancérigènes, ainsi que du CO et de la nicotine, auxquelles le fumeur est exposé, même s’il n’inhale pas la fumée. Les non-fumeurs sont aussi exposés à la fumée secondaire et tertiaire.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le tabac fait plus de 8 millions de morts chaque année. Plus de 7 millions d’entre eux sont des consommateurs ou d’anciens consommateurs, et environ 1,2 million des non-fumeurs involontairement exposés à la fumée, c’est-à-dire victimes du tabagisme passif. C’est un sujet qui a déjà été abordé sur le site d’Addict’Aide en 2017 et 2020.

En France, chaque année, on dénombre 75 000 décès directement attribuables au tabac, dont 1 100 décès liés à l’exposition au tabac : par infarctus, accident vasculaire cérébral, cancer du poumon ou maladies respiratoires chroniques.

Le tabagisme passif tue nous rappelle l’OMS

Le tabagisme passif est l’exposition à la fumée dégagée par des produits du tabac brûlés tels que les cigarettes, les bidis ou les pipes à eau dans des espaces clos.

Il n’y a pas de seuil au-dessous duquel le tabagisme passif est sans danger. Il cause plus de 1,2 million de décès prématurés par an ainsi que de graves malades cardiovasculaires et respiratoires.

Près de la moitié des enfants respirent régulièrement un air pollué par la fumée de tabac dans les lieux publics et 65 000 meurent chaque année de maladies attribuables au tabagisme passif.

Chez le nourrisson, le tabagisme passif augmente le risque de mort subite, et chez la femme enceinte, il provoque des complications de la grossesse et entraîne un faible poids de naissance.

Les lois sur les espaces sans fumée qui protègent la santé des non-fumeurs, sont bien acceptées, n’ont pas d’effets néfastes sur l’économie et incitent les fumeurs à renoncer au tabac.

Le tabagisme passif est la cause de nombreux cancers

La fumée de tabac représente le facteur d’exposition le plus important aux substances cancérigènes et elle est à l’origine d’un décès par cancer sur cinq dans le monde (1). Parmi les non-fumeurs exposés involontairement à la fumée de tabac, selon les données collectées dans 192 pays, 33% des hommes, 35% des femmes et 40% des enfants en ont inhalée (2).

Le centre international de recherche sur le cancer avait confirmé en 2009 le lien entre tabagisme passif et cancer chez l’homme, et son implication dans le cancer du poumon (3). De plus, une association positive entre le tabagisme passif et les cancers du larynx et du pharynx était constatée, mais pas pour d’autres localisations (4).

Le tabagisme passif responsable de cancers de la cavité buccale

Lorena Mariano et collaborateurs ont fait une revue de la littérature et effectué une méta-analyse en 2019 pour étudier le lien entre tabagisme passif et cancers de la cavité buccale. Parmi les 36 études prises en compte, 31 ont été écartées par manque d’informations suffisantes pour une méta-analyse. 5 études cas-témoin ont donc été retenues et les résultats ont été publiés récemment dans Tobacco Control. Trois ont été menées en Asie, une en Europe et la dernière en Amérique du Nord, en Amérique Latine et en Europe.

Voici les principaux résultats de cette méta-analyse :

  • le risque de cancer de la cavité buccale est augmenté de 51% parmi les personnes exposées au tabagisme passif (OR = 1,51 [1,2 – 1,9]),
  • le risque de cancer de la cavité buccale est multiplié par 2 parmi les personnes exposées au tabagisme passif pendant 10 à 15 ans (OR = 2,1 [1,5 – 2,8]).

Il n’y a donc pas que chez le fumeur actif que le risque de développer un cancer de la cavité buccale existe, et là encore, la durée d’exposition est un facteur aggravant.

Références bibliographiques

1 Jemal ATL, Soerjomataram I, Bray F (2019). The cancer atlas. 3 edn. Atlanta: American Cancer Society, 2019.

2 Oberg M, Jaakkola MS, Woodward A, et al. (2011). Worldwide burden of disease from exposure to second-hand smoke: a retrospective analysis of data from 192 countries. Lancet 2011;377:139–462.

3 Secretan B, Straif K, Baan R, et al. (2009) A review of human carcinogens–Part E: tobacco, areca nut, alcohol, coal smoke, and salted fish. Lancet Oncol 2009;10:1033–4.

4 IARC Working Group on the Evaluation of Carcinogenic Risks to Humans. (2012) Personal habits and indoor combustions. volume 100 E. A review of human carcinogens. IARC Monogr Eval Carcinog Risks Hum 2012;100:1–538.

 

Dr Philippe Arvers (1,2,3)

1 – Observatoire Territorial des Conduites à Risques de l’Adolescent (MSH-UGA)

2 – 7ème Centre Médical des Armées (Antennes de Varces et Chambéry)

3 – Institut Rhône Alpes Auvergne de Tabacologie (Lyon)

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