Et si William n’avait pas été influencé par ses amis à l’âge de 17 ans, au moment où l’ensemble du groupe est allé parier quelques euros sur des matchs de football dans un bureau de tabac ? Cette scène, des milliers d’adolescents en quête de sensations l’ont probablement vécue dans leur jeunesse. Une expérience qui peut résonner, des années plus tard, comme un fardeau particulièrement lourd à porter.
Car la trajectoire de William aurait pu être radicalement différente. Au lieu de ça, le jeune homme, aujourd’hui âgé de 26 ans, est tombé dans la spirale infernale des paris sportifs. Comme des centaines d’autres avant lui, ce « monsieur tout le monde » estime aujourd’hui, près de dix ans plus tard, ses pertes à environ 30 000 euros, lui qui est pourtant issu d’un foyer modeste, n’ayant jamais manqué de rien tout en connaissant la valeur des choses.
30 000 € de pertes
Comment est-il tombé dedans ? « C’est simple, dès que j’ai été majeur, j’ai ouvert un compte sur les sites de paris sportifs en ligne, comme l’ont fait de nombreux potes. J’ai commencé à jouer de petites sommes, 10 ou 20 €. Puis très vite j’ai augmenté les mises tout en accumulant les gains, qui atteignaient parfois plusieurs centaines d’euros », se remémore-t-il. Ce fan de l’Olympique de Marseille pense alors avoir trouvé le moyen de s’assurer de l’argent facile. « Je me disais : ‘C’est parfait, en fait ce n’est pas compliqué.’ Et puis, inévitablement, tu commences à perdre tes premiers paris », poursuit William.
À ce moment-là, le jeune homme souhaite « se refaire », une expression bien connue dans le milieu, où les joueurs ayant perdu leurs mises souhaitent les récupérer en pariant de plus gros montants d’argent. Le début de l’engrenage financier. « En huit ans, j’estime mes pertes aux alentours de 30 000 € », confie William, presque inconscient d’avoir été capable d’une telle chose. « Ces dernières années, je ne payais pas de loyer, je n’avais aucune charge et un salaire d’alternant. La moitié, voire plus, partait dans les paris sportifs », regrette-t-il.
Sentiment de honte
Fan de football, William ne s’est pas contenté de miser sur le sport qu’il pratiquait. « Je suis devenu complètement fou. Je misais sur des sports dont je ne connaissais absolument rien, comme le snooker. Je regardais les cotes en direct et je jouais sur le tennis, le basket, la NBA… Il m’est arrivé des dizaines de fois de ne pas dormir la nuit pour suivre mes tickets ». Aux nombreuses pertes d’argent s’est ajouté un sentiment de détresse psychologique.
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