Le numéro 53 de La Revue Dessinée consacre une de ses courtes enquêtes dessinées à la visite de la Halte Soin Addiction du nord de Paris. Une quinzaine de planches suffiront à nous expliquer les enjeux et à nous présenter alors ce lieu sous un jour favorable. Au regard des besoins constants d’accompagnement des personnes injectrices de substances psychoactives, cet espace mérite qu’on s’y intéresse de plus près encore…
Près de 800 personnes par an, pas moins de 200 actes de consommation par jour, voilà le bilan de dix ans de présence sur le territoire national de cet espace de consommation supervisée appelé à sa création en octobre 2016 : Salle de Consommation à Moindre Risque. Réduire ces risques en lien avec les usages n’est pas la seule préoccupation et le seul enjeu, même si c’est essentiel bien entendu dans un parcours addictif, notamment si la précarité sociale l’accompagne.
Il a toujours été question, dès l’ouverture, d’une prise de soin, au sens large, de toutes ces personnes usagères qui ressentaient et exprimaient le besoin non seulement de trouver un espace sécurisé, chauffé, propre et accueillant pour injecter leur produit sans les contraintes inhérentes à un usage de rue, mais aussi d’un accompagnement psychologique, physiologique, social et administratif pour simplement aller mieux, tout de suite, demain, dans quelques jours, ou dans quelques mois… Soigner les bobos physiques mais également ceux de l’âme fait également partie de la mission de ces HSA.
Pour beaucoup de personnes injectrices, il ne s’agit pas simplement de venir consommer et de repartir. La salle est aussi un espace d’accueil convivial où l’on peut échanger autour d’une boisson chaude, sur la pluie ou le beau temps du dehors avec ses bonheurs et ses malheurs, et plus encore… La majorité des personnes accueillies partagent des situations de grande, voire de très grande, précarité. Les professionnels présents sur place sont des soutiens précieux et ce rôle n’est pas négligeable puisqu’il comble un manque tout aussi important que celui que ressentent au quotidien des personnes qui ont développé une addiction…
Cette bande dessinée, particulièrement didactique, ne passe à côté d’aucun des objectifs, des mérites, et des bénéfices de ces espaces de consommation et de soin supervisés. Elle donne la parole à celles et ceux qui l’ont rarement dans les médias, à savoir les visiteurs de la salle et le personnel qui y travaille, et permet ainsi de mieux les connaître et de remettre la personne addicte au centre des priorités sanitaires et sociales…
Thibault de Vivies
DopamineCity.fr