Tabac - Comprendre l'addiction au tabac

Certains spécialistes différencient trois types de dépendances au tabac, la dépendance physique due aux substances actives, la dépendance psychologique et la dépendance comportementale ou environnementale, conséquences d’autres facteurs.

La dépendance physique

C’est ce à quoi le fumeur est exposé : la fumée de cigarette. Lors de la combustion du tabac les 2 500 composés chimiques contenus dans le tabac non brûlé dont la nicotine et les additifs passent à plus de 4 000 substances dans la fumée, des gaz comme le monoxyde de carbone, les goudrons, des particules fines contenant des métaux lourds, la plupart de ces composés étant reconnus comme toxiques et plus de 50 comme cancérogènes. (Voir la publication de l’Inserm en cliquant ici).

Effets du tabac au plan physique

Cliquez sur les termes pour en voir la définition.
La nicotine joue certainement un rôle dans les effets du tabac sur le cerveau du fumeur en se liant aux
récepteurs cholinergiques (nicotiniques) bloquant les récepteurs d’acétylcholine, la nicotine augmente, en réaction, la sécrétion d’autres neurotransmetteurs ou hormones comme la dopamine, la noradrénaline et la sérotonine.

Cet effet est très rapide, dès la première bouffée d’une cigarette il augmente l’impression d’alerte et de présence (noradrénaline), donne une impression de plaisir et de bonne humeur relative (sérotonine) et stimule le centre de la récompense (dopamine). L’impression d’euphorie est suivie par une impression de relaxation en raison de l’effet mimétique de l’acétylcholine.
Pour que des substances puissent jouer un rôle dans la dépendance, il importe que le fumeur y soit exposé à une teneur suffisante or la nicotine seule ne suffit pas à expliquer une dépendance aussi forte, d’ailleurs aucun utilisateur de patchs transdermique n’est accroc à la nicotine.

La dépendance psychologique

Elle dure plus longtemps que la dépendance physique, pour certains fumeurs la cigarette fait partie intégrante de leur vie et vont jusqu’à penser qu’elle leur est indispensable. Très liée à la gestion de nos émotions, positives ou négatives, la cigarette était perçue comme “un bout de soi” et intégrée à notre image corporelle et identitaire.

La dépendance comportementale

Appelée aussi dépendance environnementale, elle découle des deux précédentes, elle est la conséquence entre autres des gestes quotidiens répétitifs.

La dépendance à la cigarette est vraisemblablement une combinaison de tous ces facteurs auxquels le fumeur est exposé à des degrés divers, c’est là qu’interviennent les 3 cerveaux.

Le cerveau reptilien/robot/primitif/archaïque

C’est le cerveau des automatismes (la respiration, du rythme cardiaque) celui qui permet de rester en vie, il régule notre faim, notre soif, notre sommeil, les besoins vitaux.
C’est dans celui-ci qu’est présent le besoin de fumer quand le taux de nicotine est devenu insuffisant.
Pour le fumeur ce besoin est aussi impérieux que ses besoins physiologiques fondamentaux or la nicotine à une demi-vie estimée de 2 H (jusqu’à 4H suivant les sujets), toutes les 2 heures en moyenne la nicotine est perdue pour moitié.
Dès le matin au réveil le taux de nicotine est donc au plus bas ce qui explique la difficulté d’éliminer cette première cigarette pour les “défumeurs”.
L’envie de fumer est également présente dans ce cerveau.

Les réflexes conditionnés, porter 15 à 20 fois la cigarette à sa bouche pour chaque cigarette, ceux acquis en allumant automatiquement ses cigarettes dans des situations-déclic, le café, le repas, l’attente, l’ennui, le stress… autant d’éléments associés qui déclenchent cette envie de fumer.

Le cerveau limbique/mammalien/cœur

Dans celui-là se trouvent les circuits neurologiques responsables des sentiments, et du système de récompense qui libère de la dopamine dès la première bouffée, c’est là que l’acte de  fumer s’accompagne de sensations de plaisir ou de réconfort.
C’est par l’action de cette molécule que la sensation de plaisir ou de réconfort seront ressenties, associées à l’acte de fumer et les moments que le fumeur est en train de vivre pour l’attacher durablement à la cigarette au niveau affectif.

Le cerveau cortical/néocortex/raison

C’est le cerveau de l’analyse, de la réflexion et de la raison.
C’est là que tous les méfaits du tabagisme et les pathologies qui en découlent sont identifiés.
C’est ce cerveau cortical qui nous indique que fumer est nocif pour notre santé parce qu’un utilisateur sur deux en meurt.

C’est du dialogue de ces trois cerveaux que dépend l’arrêt du tabac et parce que chaque fumeur a une histoire avec le tabac qui lui est propre, l’écouter permettra de choisir la méthode qui lui conviendra le mieux pour se libérer du tabac.

Laurent Caffarel

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