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DROGUES / Crise des opiacés: “Des gens fabriquent leur drogue eux-même, dans un mixeur”

En quoi cette crise des opiacés diffère-t-elle des crises précédentes dues au crack ou à l’héroïne?

Cette crise a cela d’original qu’elle est née, pour beaucoup, des bonnes intentions des médecins qui essayaient de mieux gérer la douleur. Au niveau national aussi, la conversation tournait beaucoup autour du traitement de la douleur et des opiacés comme solution-clé pour la maîtriser et les laboratoires pharmaceutiques se sont mis à inonder le marché de toute une variété d’opiacés.

La situation actuelle est une réaction à la forte demande nationale que nous avons créée pour les opiacés. Les gens disent parfois, “C’est la faute des cartels mexicains, chinois”: s’il semble que beaucoup de drogues viennent de ces pays, ces groupes répondent à une demande du marché.

Les données montrent que, si ce phénomène des opiacés touche toutes sortes de gens et de milieux socio-économiques, il concerne majoritairement les Blancs, non-hispaniques.

On ne comprend pas forcément bien pourquoi. Une des choses qu’on a entendues, c’est que dans les années 1970 et 1980, les quartiers noirs ont été dévastés par les épidémies de crack et d’héroïne, et que la consommation de ce type de drogues y est devenue très stigmatisée.

Comment devient-on “accroc” au fentanyl?

Pour notre étude, nous avons examiné la trajectoire de 76 utilisateurs actifs de fentanyl: nous avons trouvé que 80% ont commencé à consommer des opiacés sous forme de médicaments. Environ deux ans après, ils commençaient à utiliser de l’héroïne et deux ans encore après, ils passaient au fentanyl.

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