TEMOIGNAGE / « Les anxiolytiques ont tué mon fils » : le combat de Juliette Boudre

Médicaments / 27 avril 2018

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Addiction Médicaments - TEMOIGNAGE / « Les anxiolytiques ont tué mon fils » : le combat de Juliette Boudre

Joseph était magnifique, intense, sensible. Il est mort d’une overdose de médicaments – opiacés et benzodiazépines – à 18 ans. Dans un récit bouleversant, sa mère, Juliette Boudre, le rend éternel en même temps qu’elle conte l’enfer qui a conduit à cette tragédie. Son livre est aussi le miroir d’une société où n’importe quel adolescent peut acheter à bas prix de quoi se tuer, et un cri d’alerte concernant tous les parents. Rencontre avec une femme solaire, digne, debout pour ses trois fils, Joseph, Max et César.

ELLE. Pourquoi avez-vous pris la plume ?

Juliette Boudre. Joseph est mort le 29 décembre 2016, j’ai commencé à écrire dès mars. Pour lui, pour ses frères et pour moi, je voulais me souvenir de tout, de la réalité telle qu’elle s’était passée, car la mémoire transforme vite les souvenirs. Écrire m’a permis de me retrouver seule avec mon fils, et j’ai adoré cela. J’ai aussi réalisé toutes les difficultés que j’avais rencontrées avec le corps médical. Quand on vit, on est dans l’action, on doit gérer chaque problème, on n’a pas le temps de s’arrêter.

ELLE. Avait-il été un enfant plus fragile que les autres ?

Juliette Boudre. Non, Joseph était un petit garçon très mignon, avec une forte personnalité, intelligent, ultrasensible à la détresse des autres, avec un cœur immense, il pleurait si je ne donnais pas de l’argent aux clochards. À 12 ans, il a basculé, des mauvais copains, une mauvaise année scolaire. Il était attiré par la racaille, le danger.

ELLE. Quand commence-t-il à prendre des médicaments ?

Juliette Boudre. Il découvre  les pétards en 5e , cela me fait peur, j’achète des tests urinaires pour savoir s’il a fumé, je lui casse les pieds. Et lui, il nous balade, « j’ai juste pris une taffe il y a quinze jours ! » Jo était un as de la manipulation. On finit par l’envoyer en pension en Angleterre avec son accord. Là-bas, un jour, il fume un pétard, qui déclenche chez lui, comme chez certains ados, une attaque de panique. Le médecin du collège anglais lui donne un anxiolytique, et Joseph aime bien l’effet planant que cela lui procure. Tout part de là. C’est souvent ainsi que ça commence, les benzodiazépines (Lexomil, Xanax, Valium…) sont ultra addictifs. Et, comme dans chaque armoire à pharmacie de chaque foyer, il y a toujours un tube de ces médicaments qui traîne, on ne se méfie pas de leur dangerosité.

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