Fronde contre la reconnaissance par l'OMS de l'addiction aux jeux vidéo

Autres addictions comportementales / 13 avril 2018

Autres addictions comportementales
Addiction Autres addictions comportementales - Fronde contre la reconnaissance par l'OMS de l'addiction aux jeux vidéo

 Sous la dénomination de “trouble du jeu vidéo”, l’Organisation mondiale de la santé désignait début janvier une pathologie caractérisée par un comportement anormal vis-à-vis de ce divertissement, “dont la place dans la vie de l’individu devient grandissante au détriment de ses autres activités”. Selon l’OMS, un individu doit montrer une addiction anormale au jeu pendant au moins un an avant d’être diagnostiqué comme souffrant de ce trouble.

La proposition de l’OMS a beaucoup de mal à passer du côté des fédérations d’éditeurs de jeux. Dans un communiqué conjoint diffusé ce 1ermars, des acteurs du secteur de toutes les régions du monde (États-Unis, en Europe, au Brésil, en Afrique du Sud, en Corée du Sud, en Australie et en Nouvelle-Zélande) appellent à interrompre le processus de classification en cours.

“[Ce processus] manque de transparence et de soutien scientifique objectif” explique dans le document Simon Little, directeur général de la Fédération européenne des logiciels interactifs (ISFE). “Nous insistons sur la nécessité d’y mettre fin”.

Les cosignataires du texte appuient leur revendication sur un article à paraître en mars dans la revue scientifique Journal of Behavioral Addictions. Dans cette publication, 36 chercheurs remettraient en cause la décision de l’OMS…

La pratique excessive du jeu vidéo est bel et bien un trouble…

Le Dr Amandine Luquiens, psychiatre addictologue à l’Hôpital Paul Brousse, juge utile de recontextualiser cette publication scientifique, “écrite par des auteurs reconnus”. “La prise de position des auteurs de l’article vis-à-vis la position de l’OMS est une alerte pour dire : n’allons pas trop vite si l’on veut bien aider les gens qui ont un problème avec les jeux vidéo. Le problème de la récupération de cet article par les industriels du jeu, c’est qu’ils cherchent à faire du lobbying pour dire qu’il n’y a pas de problème. Et là, ce sont eux qui le disent un peu vite…”

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