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Nomophobie: «On parle d’addiction au smartphone quand il y a une perte de contrôle sur l’objet» (20 Minutes)

Le terme nomophobie est un mot valise qui découle de la phrase "no mobile phone phobia" ou en française "la peur de se retrouver sans téléphone". Le smartphone est aujourd’hui incontournable et pour beaucoup il représente un moyen de s'occuper l'esprit, de s'y réfugier pour éviter ses peurs. Pour parler de cela, le journal "20 minutes" a interviewé Stéphanie Berthelon spécialiste des questions sur le stress et l'anxiété. 

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Addiction Autres addictions comportementales - Nomophobie: «On parle d’addiction au smartphone quand il y a une perte de contrôle sur l’objet» (20 Minutes)

Le terme nomophobie est un mot valise qui découle de la phrase « no mobile phone phobia » ou en française « la peur de se retrouver sans téléphone ». Le smartphone est aujourd’hui incontournable et pour beaucoup il représente un moyen de s’occuper l’esprit, de s’y réfugier pour éviter ses peurs. Pour parler de cela, le journal « 20 minutes » a interviewé Stéphanie Berthelon spécialiste des questions sur le stress et l’anxiété.

Cette nomophobie touche-t-elle beaucoup de personnes ?

De plus en plus, surtout les jeunes entre 18 et 25 ans, si l’on regarde les études américaines sur le sujet. Cela peut être une fuite qui permet d’éviter réel, les problèmes, le conflit. Comme on peut l’emporter partout, on peut être addict sur d’autres choses : jeux vidéo, paris en ligne… Le smartphone, c’est juste un outil qui facilite toutes les addictions. Le problème, c’est la façon dont on va l’utiliser. Mais pour le moment, peu de gens consultent pour ce motif. A l’avenir, je pense que cela devrait se développer.

Est-ce différent d’une addiction au smartphone ?

Non, les deux vont de pair. C’est bien la dépendance qui amène la nomophobie. Comment cela se traduit ? Par deux critères : l’angoisse d’être privé de son téléphone et l’évitement de ses peurs : on l’a toujours sur soi et on vérifie tout le temps qu’on l’a.

Pourtant pouvoir se géolocaliser, contacter ses proches où que l’on soit, cela pourrait rassurer les grands anxieux, non ?

Oui, c’est contra phobique pour les anxieux. Mais cette sécurité apportée par le smartphone est à double tranchant… Il rassure beaucoup, mais il vient maintenir nos peurs. Admettons que je sois angoissée par l’idée que mes enfants aient un accident, leur téléphone portable va créer illusion qu’il ne va rien leur arriver. Et ainsi je me protège de ce qui pourrait arriver. Le smartphone rend intolérant aux incertitudes parce que je peux tout avoir à portée de main. Du coup, je pense que cela peut avoir un impact sur la confiance en soi. Si j’ai toujours un auxiliaire qui me dit par où passer, où j’en suis sur mes comptes, je n’ai jamais la sensation que je peux faire face seul.

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