» retour

ADDICTIONS COMPORTEMENTALES / Comment les géants du Web capturent notre temps de cerveau

La prochaine fois sera la bonne. Nouveau coup de bec sur la petite assiette en plastique : aucune graine n’apparaît. Le pigeon retente sa chance, il veut sa récompense. Rien. La prochaine fois, peut-être ? Encore raté. Qu’importe, le volatile insiste, picore encore et encore, jusqu’à ce que la nourriture tombe du ciel. Complètement accro à cette loterie.

En délivrant à des oiseaux de laboratoire leur pitance de façon aléatoire, le psychologue B.F. Skinner a réussi, dans les années 1950, à conditionner leur comportement. Un de ses protégés a ainsi donné des coups de becs 2,5 fois par seconde pendant seize heures d’affilée, alors qu’il ne grappillait que des miettes.

Pauvres pigeons, si faciles à plumer avec leur cerveau de piaf. L’Homme ne se laisserait jamais berner si aisément. Vraiment ? Les ados américains consultent leur téléphone plus de 150 fois par jour, en moyenne. Selon une enquête menée en 2016 par Raphaël Suire (qui enseigne le management de l’innovation à l’université de Nantes), 75 % des étudiants français interrogés sont pendus à leur smartphone dès le réveil. Plus éloquent encore : plus de la moitié d’entre eux déclarent le faire mécaniquement, bien conscients d’être addicts.

 

  • Partager l'article sur

A consulter aussi


Article scientifique

Addiction et problèmes liés aux jeux vidéo chez les enfants et adolescents : l’importance du contexte familial

La notion d’addiction aux jeux vidéo fait l’objet d’un intérêt croissant : le trouble lié l’usage des jeux vidéo sur internet a été proposé en 2013 dans le DSM-5 comme devant faire l’objet de recherches complémentaires, et la classification CIM-11 de l’Organisation Mondiale de la Santé (publication prévue juin 2018) prévoit d’intégrer l’addiction aux jeux vidéo au même titre que les autres addictions.


Le 11 Juin 18