Chemsex : ne pas juger pour mieux aider, et autres solutions contre l’addiction

Le chemsex est une spirale. De la recherche effrénée du plaisir à l’accumulation des prises de risque, il n’y a souvent qu’une bonne occasion. Sauf que depuis plus d’un an, les cas d’overdose dans la communauté gay s’additionnent. Les associations de lutte contre le sida et de santé gay s’organisent pour éviter que ce phénomène ne détruise une partie d’entre nous.

Autres drogues

La commercialisation à bas coût sur Internet de nouvelles drogues de synthèse a ouvert pour certains gays une ère de consommation où tout est plus facile. Souvent dans le cadre de marathons sexuels, à deux ou en groupe, facilités par les applis de drague : c’est le chemsex (pour chemical sex), l’alliance du sexe et des « produits ». GHB, méthamphétamines ou cathinones, qu’on sniffe, avale ou prend en intraveineuse (on appelle ça le slam), procurent un plaisir sexuel plus important et plus intense. Mais aident aussi à régler un problème d’estime de soi et d’angoisse de la performance…

« Ne nous résignons pas à regarder les hommes tomber »

C’est un appel de détresse que lançait Aurélien Beaucamp, le président de l’association AIDES, à la mi-juin dans Libération :

Les situations de décrochage social et d’overdoses liées à cet usage de drogues se sont accrues ces dernières années, illustrées par les annonces fréquentes de perte de travail ou de décès aussi soudains que prématurés. Il s’agit bel et bien d’une crise sanitaire.

Sur les 24 morts par overdose toutes drogues confondues recensées par la brigade des stupéfiants en 2016, au moins un quart l’ont été en contexte sexuel. La culture de l’injection se répand, les drogues sont plus addictives… Ce qui inquiète aussi, c’est que le chemsex participe au maintien de la dynamique de l’épidémie de VIH et à l’augmentation des infections au VHC (hépatite C), notamment dans la population homosexuelle.

Cet article est extrait du numéro 216 de TÊTU, disponible exclusivement en version numérique (ici).