Comment la Ritaline est devenue la « kiddy coke » des ados français (vice.fr)

Médicaments / 12 juillet 2018

Médicaments
Addiction Médicaments - Comment la Ritaline est devenue la « kiddy coke » des ados français (vice.fr)

Impossible de s’en procurer. Depuis quelques semaines, la Ritaline est en rupture de stock. Commercialisé par le groupe pharmaceutique Novartis pour le traitement du Trouble déficitaire de l’attention avec hyperactivité (TDAH), ce médicament pourrait bien être victime d’un tout autre succès. Les jeunes l’utilisent ainsi de plus en plus souvent pour son effet psychostimulant – surtout à l’approche des examens. Le phénomène est tellement répandu dans le monde anglo-saxon que le produit à un même un surnom : « kiddy coke » – soit la cocaïne des enfants. En France, cet usage détourné commence aussi à se banaliser…

La molécule active de la Ritaline, le méthylphénidate, est en effet proche de l’amphétamine. Présente dans certains médicaments – Concerta, Quasym, Médikinet –, elle ne peut être délivrée que sur prescription hospitalière. Pourtant, elle était consommée en 2015 par 1,5 % des carabins – ce qui en fait la deuxième pilule sous ordonnance la plus gobée. La même année, un lycéen sur six déclarait avoir pris au cours des 12 derniers mois un produit dans le cadre de la préparation d’un examen, selon une enquête de l’Observatoire français des drogues et de la toxicomanie (OFDT). Et la population concernée serait « de plus en plus jeune », comme le relevait déjà la Haute autorité de santé (HAS) en 2012.

Arthur, quinze ans, en fait partie. Cette année, il a voulu tenter le coup. Et pas dans un but récréatif. L’objectif de ce déjà (très) bon élève ? Booster sa scolarité. « Je savais qu’un ami en prenait depuis longtemps, alors je me suis renseigné sur Internet », raconte-t-il. Il en est sorti convaincu. Il faut dire que le méthylphénidate a la cote sur le forum américain Reddit, ou sur le 18-25 de Jeuxvideo.com. Son pote l’a laissé essayer. « Ça a bien fonctionné : je me suis senti beaucoup plus concentré que d’habitude en classe, j’avais l’impression de réfléchir deux fois plus vite… » Le jeune homme en a touché un mot à sa mère. « Après avoir lu des articles, elle a accepté que j’en prenne. » Plutôt que d’acheter en ligne sur des sites étrangers ou dans la rue à des dealers, il s’est fourni auprès de son copain, détenteur de la précieuse ordonnance. Durant trois mois, Arthur en a consommé quasi quotidiennement. Il dit avoir augmenté sa moyenne générale d’un point – passant à 15/20. Problème : « Au bout d’un moment, les effets ont disparu. J’avais des troubles du sommeil, je ne mangeais rien, je n’avais plus d’émotion à la fin de la journée… Ma mère m’a demandé d’arrêter. »

Aller plus loin sur l’espace Médicaments

Informations, parcours d’évaluations, bonnes pratiques, FAQ, annuaires, ressources, actualités...

Découvrir