Les préoccupations alimentaires débutent dès l’âge de trois ans.

Par un processus d'apprentissage, les stimulations associées à une alimentation savoureuse deviennent de plus en plus importantes et les enfants dès l’âge de 3 ans peuvent développer un biais attentionnel plus important par rapport à l’alimentation (1)

Autres addictions comportementales
Addiction Autres addictions comportementales - Les préoccupations alimentaires débutent dès l’âge de trois ans.

Image par vikvarga de Pixabay

L’alimentation est une préoccupation importante pour une grande partie de la population. Beaucoup de personnes sont soucieuses de leur alimentation et font attention à ce qu’elles mangent. Pourtant, la société actuelle amène de nombreuses stimulations liées à la nourriture sur les réseaux sociaux ou à la télévision et peut générer des prises alimentaires excessives. Par un processus d’apprentissage, les stimulations associées à une alimentation savoureuse deviennent de plus en plus importantes et les enfants dès l’âge de 3 ans peuvent développer un biais attentionnel plus important par rapport à l’alimentation (1). C’est-à-dire que les personnes accordent une plus grande importance à la nourriture par rapport à d’autres éléments de l’environnement tel que des jouets par exemple. Ce biais est préoccupant étant donné que notre environnement est rempli d’indices liés à l’alimentation. Ainsi, un biais d’attention peut conduire à une plus grande propension à manger en réponse à des signaux alimentaires et conduire à une préoccupation alimentaire plus importante.

L’étude a intégré 50 enfants de 3 et 6 ans. Ils ont joué à un jeu où ils devaient trouver le personnage de dessin animé ciblé parmi des distracteurs alimentaires (condition expérimentale) ou des jouets (condition témoin). Des mesures (comportementales et de suivi oculaire) de l’attention portée aux aliments et aux jouets ont été calculées. Ils ont cherché à déterminer s’il y avait un biais attentionnel sur les indices alimentaires par rapport aux indices des jouets, et si le biais attentionnel sur les indices alimentaires était lié à l’IMC.

Les résultats ont montré que les enfants ont plus de mal à identifier le personnage de dessin animé quand ils recherchent de la nourriture par rapport aux jouets. Cela semble être dû à l’attention accrue que les enfants accordent à la nourriture par rapport aux jouets. En outre, plus les enfants se fixent rapidement sur l’aliment par rapport aux jouets, plus leur score IMC est élevé. Dans l’ensemble, cette étude a mis en évidence des preuves d’un biais d’attention aux indices alimentaires. Ces résultats viennent confirmer ceux d’autres études mettant en évidence que toutes les personnes ayant un IMC élevé ou faible ont tendance à avoir de façon automatique un biais attentionnel pour la nourriture.

Finalement, nous sommes baignés dans une culture où la nourriture et l’apparence corporelle sont très présentes. L’existence d’un biais attentionnel porté sur la nourriture surtout chez les plus jeunes peut-être mis en lien avec des problématiques telles que les troubles des conduites alimentaires. Les préoccupations pour la nourriture et la silhouette étant les deux facteurs principaux de ces troubles. Les futures recherches pourraient ainsi s’axer sur la mise en place et l’évaluation d’interventions pouvant prévenir ces effets.

Léa Bessiere et Valentin Flaudias

 

(1) Berridge, K. C. (2009). ‘Liking’and ‘wanting’food rewards: brain substrates and roles in eating disorders. Physiology & behavior97(5), 537-550.

 

(2) Texte de référence : Brand, J., Masterson, T. D., Emond, J. A., Lansigan, R., & Gilbert-Diamond, D. (2020). Measuring attentional bias to food cues in young children using a visual search task: An eye-tracking study. Appetite, 104610.

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