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Autres addictions comportementales - Comprendre les troubles alimentaires

Les troubles du comportement alimentaire sont une des préoccupations de santé publique dans la plupart des pays occidentaux. Ils entraînent des risques sur la santé physique et mentale des personnes concernées. Dans le DSM-5 (5ème édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), sont recensées six catégories de troubles des conduites alimentaires. Parmi celles-ci, les trois grandes catégories sont…

Les troubles du comportement alimentaire sont une des préoccupations de santé publique dans la plupart des pays occidentaux. Ils entraînent des risques sur la santé physique et mentale des personnes concernées.

Dans le DSM-5 (5ème édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), sont recensées six catégories de troubles des conduites alimentaires. Parmi celles-ci, les trois grandes catégories sont  : l’anorexie mentale, la boulimie, l’hyperphagie boulimique.

Une addiction ?

Aviel Goodman qui a fait un tableau clinique de l’addiction, considère la boulimie comme une addiction alimentaire mais a écarté l’anorexie. Les médecins et chercheurs étudient les dimensions que sont le jeûne et /ou l’hyperactivité, la dénutrition et ses effets, le contrôle, l’hyperphagie, ou les vomissements sur lesquels reposeraient l’addiction.

Pour ces chercheurs, le comportement alimentaire restrictif ou boulimique est disponible et contrôlable. On retrouve aussi d’autres caractéristiques d’une addiction aux substances : un sentiment de vide précédant le comportement, une compulsivité importante associée à des croyances obsédantes et dysfonctionnelles. Il est considéré comme une tentative de survie en particulier face à un manque de contrôle des affects.

Dans les troubles des conduites alimentaires, le comportement se forme par une rencontre entre un individu vulnérable et une sensation particulière. Ici ce sera celle que lui procure le contrôle de son alimentation, de la même manière qu’une personne va s’engager dans la consommation d’une substance psychoactive.

L’anorexie mentale

Telle qu’elle est définie dans le DSM-5, l’anorexie mentale correspond à :

  • Une restriction alimentaire volontaire associée ou non à des vomissements provoqués
  • une peur intense de prendre du poids, de devenir gros, même en présence d’un poids faible
  • une altération de la perception de la forme et du poids de son corps en dépit de sa maigreur.

 

L’indice de masse corporelle en dessous de 17,5 est considéré comme insuffisant et cet élément peut permettre d’identifier une conduite anorexique.

Il existe deux formes principales d’anorexie mentale : le type restrictif pur et le type avec accès hyperphagique et purgatif.

La boulimie

Le terme vient du grec « bous », le bœuf et « limos », la faim, signifiant ainsi « faim de bœuf ». Elle se caractérise par une ingestion rapide et incontrôlable d’une très grande quantité d’aliments, sur un temps court (inférieur à deux heures) et au moins une fois par semaine. Elle s’accompagne d’une perte de contrôle des quantités ingérées et de la possibilité de s’arrêter. Dans le type purgatif, la boulimie se caractérise par des vomissements provoqués et/ou des prises de laxatifs ou de diurétiques. Dans le type non purgatif, elle va être liée à un jeûne et/ou un excès d’exercice physique.

Le poids reste dans les limites de la normalité.

L’hyperphagie boulimique

La personne va connaître plusieurs phases dans son épisode d’hyperphagie boulimique :

  • 1ère phase : excitation, tension,  angoisse…
  • 2ème phase : façon de s’alimenter « gloutonne », sans mastication, parfois à même la boîte ou l’emballage. Les aliments sont en général hypercaloriques et faciles à avaler
  • 3ème phase : malaise profond physique (douleurs et lourdeurs abdominales, nausées…) et psychique (honte, remords, culpabilité, dégoût de soi…)

Combien de personnes en souffrent ?

Il est difficile de comparer les résultats des différentes enquêtes de prévalence. Ceux-ci dépendent des critères choisis.

Le risque d’anorexie mentale chez les hommes est faible : 1 homme pour 10 femmes.

L’anorexie mentale varierait chez les femmes et les hommes de plus de 18 ans de 0,9 à 2,2 % et de 0,16 à 0,3 %. Aux Etats-Unis, on a relevé des taux de 0,3 % chez les adolescentes et adolescents (13-18 ans).

En France,  il  n’existe pas de chiffres officiels. Les prévalences d’anorexie mentale varient de 1,6 % à 4 % et la boulimie de 2 à 5 %. L’anorexie toucherait 70 000 adolescentes et jeunes (entre 15 et 25 ans). Elle concerne à 90 % des jeunes filles. Elle débute le plus souvent après la puberté, avec un âge moyen de début, de 17 ans (on observe deux pics de fréquence autour de 14 ans et de 18 ans).

De 10 à 19 ans, les crises de boulimie peuvent concerner jusqu’à 28 % des adolescentes et 20 % des adolescents. Les stratégies de contrôle du poids concernent 19 % des filles, 8 % des garçons de cette même tranche d’âge.

Pourquoi certains développent une addiction alimentaire ?

Les troubles du comportement alimentaire ont une origine multifactorielle, comme pour toutes les addictions : facteurs biologiques, psychologiques, culturels, sociaux, familiaux…

Un facteur de risque peut être lié à une vulnérabilité personnelle ou un environnement.

Des facteurs de prédisposition

Il existerait plus de 30 facteurs de risque.

Parmi les facteurs prédisposants on peut trouver :

  • Dans les facteurs familiaux : un terrain génétique, des problèmes d’anxiété, de dépression…, des questions d’éducation, des relations familiales altérées…
  • Dans les facteurs individuels : des difficultés interpersonnelles, une intolérance aux émotions négatives, du perfectionnisme, de la rigidité, une mauvaise estime de soi, des problèmes d’attachement, du stress, des carences éducatives…
  • Dans les facteurs environnementaux : une minceur idéalisée, des événements de vie stressants, une classe sociale, un niveau d’éducation…

Des facteurs déclenchants

  • la puberté avec ses modifications hormonales et physiques
  • des événements de vie stressants : une séparation, un divorce, une agression, de la violence, des moqueries, un trouble psychiatrique (dépression, troubles obsessionnels compulsifs…)
  • des activités centrées sur l’apparence : sport, danse…

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